FAITES VOS ABDOS DANS LA CUISINE

Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

François passe me voir pour obtenir son certificat d’aptitude au fitness. Il va à la salle de sport trois à quatre fois par semaine. Il y pratique le cardiotraining, la musculation et un peu de body-combat. Son programme est idéal : endurance pour le cœur, renforcement pour les articulations et coordination pour le cerveau.

François : Docteur, malgré mon assiduité, je garde ma petite bouée. Et pourtant je fais des abdos. C’est décourageant !

Le doc : Je suis sûr que vous êtes gourmand.

François : Oui, c’est vrai : bec salé avec un peu de saucisson en rentrant du boulot ; bec sucré avec quelques carrés de chocolat après le dîner. Et puis il y a les restaurants pour le travail où j’aime me faire plaisir.

Le doc : À partir de 40 ans, vous brûlez moins d’énergie au repos. On dit que votre « métabolisme basal » diminue. Même en faisant du sport, des efforts diététiques sont indispensables pour rester svelte. Et puis votre petit ventre n’est pas une motte de beurre. Ce n’est pas en faisant chauffer les abdos en dessous qu’il va fondre. Le muscle qui travaille ne prélève son énergie dans la graisse en posée dessus. Les graisses consumées viennent de tout le corps. Regardez les marathoniens de haut niveau, ils ont les bras tout maigres… et ils courent avec les jambes­! À l’inverse, les sumos ont des abdos d’acier.

François : Heureusement, je n’ai pas encore la morphologie d’un sumo. Mais voilà un moment que j’ai perdu mes plaquettes de chocolat au niveau des abdos… elles se sont transformées en mousse. J’ai compris, je vais rester raisonnable dans mon alimentation.

Le doc : Et souvenez-vous de l’expression consacrée : « Il faut faire ses abdos dans la cuisine ».