La course de la Rhune 2007 : La montagne est plus forte que les ménisques

Docteur Stéphane Cascua

La Rhune est le premier contrefort pyrénéen du Pays Basque. Là haut dans le ciel, baigné de soleil, son sommet domine l’océan atlantique. Gravir cette montagne,c’est un peu tenter la fusion de l’eau, de la terre, de l’air et du feu, la nature se rebelle toujours !

OsteopatheDepuis quelques mois, mon ménisque interne du genou droit me faisait légèrement souffrir. L’IRM avait confirmée un ménisque usé, « dégénératif » dit-on en jargon de docteur. Une petite infiltration et quelques anti-inflammatoires occasionnels me permettaient de continuer à courir. Cependant, pour les séances longues, je sentais bien qu’il me fallait privilégier le vélo. C’est ainsi que je me sentais en forme pour venir à bout cette course en Montagne raisonnable : un aller-retour de 13 kilomètres et 900 mètres de dénivelé positif. Le plaisir fut intégral, le c’ur assurait, les chevilles tenaient et les cuisses bossaient sans trop gémir. Le genou ne couinait pas trop, excepté lors des flexions prononcées de la fin de l’ascension où l’on finit la grimpette avec les mains. Je le sentais aussi un peu dans les pierriers de la descente où les membres inférieurs chancellent et pivotent au grès des appuis instables. A l’arrivée, après 2H04 d’effort, pas de douleur, exclusivement du bonheur !

Quelques heures plus tard, me voilà assis dans l’Airbus qui me ramène à Paris. Mon genou est inévitablement recroquevillé contre le dossier situé devant moi. Lorsque l’avion s’immobilise sur le tarmac d’Orly, je tente de me lever mais ? Oh ! Surprise ! Le genou est raide et la douleur intense ! Il ne faut accuser pas l’optimisation de l’espace sur notre compagnie nationale mais surtout le sol chaotique et pentu des Trails ! Je ne pourrai recourir qu’après une intervention chirurgicale ! Au cours de l’opération, en sortant de mon genou, mon ménisque, me lança dans un dernier soupir : « tu sais, je préférais le macadam de tes marathons ! »